Le Chemin des Dames s’offre une symphonie

Commémorations

Samedi 30 Août, la cathédrale de Laon accueillera, en première mondiale, une symphonie dédiée au Chemin des Dames. Un grand moment d’émotion.

Samedi soir les commémorations du Centenaire de la Grande Guerre prendront une autre dimension. Le compositeur belge, Jacques-Alphonse de Zeegant propose de découvrir sa dernière compositions une symphonie intitulée sobrement Le Chemin des Dames. Donnée en première mondiale à la cathédrale de Laonm l’oeuvre sera interprété par la mezzo-soprano Kinga Borrowskam « sans oublier les Choeurs de l’Union Européene! ,précise le compositeur, un symbole pour moi. » En effet, cette composition comportera une partie chantée, même si, normalement, une symphonie ne doit être qu’orchestrale mais après tout Beethoven a ouvert la voie avec sa 9e et l’Hymne à la joie !

« Je ne fais pas de politique, mais je n’ai pas peur d’utiliser mon art pour la paix »
Jacques-Alphonse De Zeegant

Un haut lieu de souffrance

« Quand j’ai accepté de composer une symphonie sur le Chemin des Dames, je souhaitais y intégrer un texte, j’ai demandé à Margherite de Wersowe Rey, avec qui j’ai souvent collaboré, de m’écrire un texte ou un poème », explique Jacques-Alphonse de Zeegant. Ce poème évoque la vie des soldats dans les tranchées mais il est aussi un appel à la paix. « Le texte mêle le français et l’allemand, mais on y retrouve des peuples qui ont combattu sur le Chemin des Dames. »

Cette voie, autrefois royale qui est devenue un haut lieu de souffrance, le compositeur l’a beaucoup arpentée avant de coucher ses émotions sur une partition. « Des amis me l’ont fait découvrir, j’ai été très marqué par la souffrance qui s’en dégage encore. Un gigantesque drame humain s’est déroulé ici, on sent bien que la terre n’a pas fini de digérer ses morts. »
En une trentaine de minutes, le Chemin des Dames évoque les soldats, leurs souffrances les coups de fusils « la Chanson de Crayonne apparaît en filigrane tandis que le 5e mouvement se transforme en danse macabre, poursuit le musicien. Ce qui compte pour moi ce n’est pas la beauté, mais l’émotion qui se dégage de l’ensemble. » Pour ceux qui seraient un peu inquiets, le compositeur se veut rassurant : «  Ma musique est accessible à tous, elle est au service du texte, et reste un hommage aux souffrances des soldats qui ont combattu, il y a cent ans. »
Pour l’instant, l’orchestre et les choeurs ont répété chacun de leur côté.
« Cette semaine, ils vont se retrouver avant la répétition de samedi après-midi, tout sera calé pour la première du soir. » assure Jacques-Alphonse de Zeegant. Cette première mondiale rend l’événement encore plus impressionnant. Ce concert peut être le premier d’une grande série, « l’oeuvre pourra être jouée partout ailleurs je l’espère. »

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